DANS L’ESPACE CARIBEEN AU XVIIIème SIECLE
A imprimer et à faire à la maison, nous corrigerons en classe-
2de E 19 : pour mercredi 2 avril 2OO9.
2de E17 : pour le 30 mars 2009
1. Qu’est-ce que la traite ?

La traite se définit comme étant le « Trafic consistant à échanger des marchandises contre des noirs africains ou à les acheter pour les employer ou les revendre en qualité d’esclaves. »
1932-1935- Dictionnaire de l’Académie française.
La traite Atlantique, fut un commerce d’être humains au profit d’africains d’un côté et d’européens de l’autre (Espagnols, portugais, anglais, français, néerlandais, danois, brésiliens, cubains). Elle débute en 1441.
Le prince Henri le Navigateur initie la traite Atlantique après la Chute de Constantinople. En 1444 a lieu la première vente de captifs africains dans la ville de Lagos (Portugaise).

2. Quel rôle a joué la Compagnie des Indes dans le commerce des esclaves ?
« Fondée par Louis XIV (Colbert)en Mai 1662, la compagnie des Indes reçut des droits exclusifs dans le domaine de la navigation et du commerce, y compris celui de battre monnaie, sur un territoire immense qui comprenait les terres entre l’Amazone et l’Orénoque, Terre Neuve, l’Acadie et la Nouvelle France. »
Daniel Cogné
La compagnie connaît des difficultés considérables et est abolie en 1667.
3. Quand la traite est-elle abolie ?
Le Royaume-Uni abolit la traite en 1807. L’esclavage ne le sera qu’en 1833 en Angleterre. En France l’esclavage sera aboli en 1848.
Le prix d’un nègre
« Un beau nègre, pièce d’Inde, on appelait ainsi un nègre de 19 à 35 ans, bien fait, sans infirmité, , ayant toutes ses dents, parce qu’autrefois il ne fallait que de pareils nègres pour les Indes orientales.. Un tel nègre s’achetait en 1777, 50 pièces, chaque pièce estimée (…) 10 livres. Une belle négresse se payait le même prix. Quant aux enfants qu’on appelait les mâles négrillons et les femelles négrettes on les payait un peu moins. »
Extrait- Listré, nantais, avocat à Saint Domingue- 1777.
- Le trafic se déroule-t-il toujours comme prévu ? Les noirs sont-ils toujours aussi dociles qu’on le prétend ?
Répond en utilisant le document suivant.
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« Passons aux mutineries qui sont arrivées à bord de vaisseaux où je me suis trouvé. Ces mutineries viennent ordinairement de ce que les matelots maltraitent ces pauvres esclaves quand ils sont embarqués dans les navires qui les transportent à nos colonies. C’est aussi pour cette raison là que partout où j’ai commandé, j’ai toujours eu soin tout particulier que que les nègres fussent traités honnêtement à bord de mon vaisseau, j’ai toujours ordonné à mes blancs d’en user humainement avec eux. Quand nous embarquons les nègres nous mettons aux fers les plus forts deux à deux mais nous laissons aux femmes et aux enfants la liberté de se promener partout à bord. Et dès que nous avons quitté la côté, nous ôtons aussi les fers aux hommes. Nous leur faisons faire deux repas par jour et quand il fait beau temps, ils peuvent monter sur le pont à 7 heures du matin et y rester, s’ils le jugent à propos, jusqu’à ce que le soleil se couche. Tous les lundis au matin on leur donne des pipes et du tabac qu’ils aiment avec passion.. Les hommes sont logés séparément des femmes ; Les endroits où ils couchent sont nettoyés tous les jours par eux-mêmes… »
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La première mutinerie que j’ai vue parmi les nègres arriva pendant mon premier voyage en l’année 1704. Je m’étais embarqué sur le navire appelé l’Eagle Galley de Londres, commandé par mon père en qualité de munitionnaire du bâtiment. Nous avions acheté nos nègres à la rivière du vieux Calabar dans la baie de Guinée. Dans le temps qu’ils commencèrent à remuer, nous étions dans la rivière et nous en avions 400 à bord, avec 10 blancs en tout, incapables de faire le moindre service, car il nous était mort plusieurs hommes de notre équipage et nous en avions beaucoup de malades. Outre cela, nous venions d’envoyer deux de nos chaloupes à terre , avec 12 de nos gens pour aller chercher des provisions(…). Toutes ces circonstances firent naître aux nègres l’envie de se révolter : ils se mirent à consulter ensemble comment ils s’y prendraient. Et sur les 4 heures de l’après-midi ils tentèrent d’exécuter leur projet. (…) Cependant je n’eus pas plutôt entendu crier que les nègres se révoltaient que je pris deux pistolets (…) Le contremaître fit feu de son pistolet et blessa le nègre qui avait frappé mon père. Cet exemple fit (…) cesser la sédition et tous les nègres qui étaient sur le gaillard d’avant se jetèrent le visage contre terre en priant qu’on leur fit miséricorde. »
Guillaume Snelgrave, Nouvelle relation de quelques endroits de Guinée et du commerce d’esclaves qu’on y fait, Amsterdam, 1735.
4. Quelles sont les conséquences de la traite négrière ?
Nombre de noirs déportés aux Amériques
Selon l’historien :
Chiffre avancé
Eric Saugera- 1998
9,5 millions
David Eltis
9, 599 millions
Olivier Pétré Grenouilleau
11 millions
Serge Daget
11,7 millions
Joseph Inikori- 1982
15,4 millions
Paul Lovejoy- 1989
11,8 millions
Ces chiffres sont susceptibles de modifications car les archives sur la traite sont loin d’avoir été dépouillées.
Impact social de la traite en Afrique
« Dans certains secteurs, les populations avaient renoncé à vivre dans de gros villages pour se contenter de petits hameaux éparpillés à l’intérieur de la forêt et auxquels on accédait que par des sentiers le long desquels on avait établi des ruches d’abeilles guerrières qui en interdisait l’accès à toute cavelerie. C’est compte tenu de tout ceci que les vieillards interrogés sur les stagnations, voire la régression de l’agriculture africaine sont unanimes à incriminer la « période des chevauchées permanentes ».
Gueye Mbaye, Colloque sur la tradition orale et la traite négrière.
Répond à la question en utilisant les deux documents précédents.
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5. Comment une habitation est-elle organisée ?
« L'exploitation domaniale appelée "habitation" n'est pas nécessairement de vaste étendue ni cultivée par de nombreux esclaves, elle se consacre à diverses cultures et spéculations selon le lieu et le temps. On distingue la petite habitation vivrière familiale sans esclave, l'habitation en pétun exploitée par d'ancien engagés associés, l'habitation sucrière esclavagiste, l'habitation caféière, l'habitation cacaoyère et plus récemment l'habitation bananière mécanisée. (…)
Chaque concession est partagée à l'origine en trois secteurs consacrés, des hauteurs vers la mer, aux bois debouts, aux savanes, puis aux cultures avec les cases. Cette distribution rappellerait celle desles tenures du Moyen Age .
A la Martinique, le nombre d'habitations est resté stationnaire de 1671 à 1685, celui des sucreries a augmenté de 54 %, celui des esclaves de 57 % pour atteindre 10.343 âmes. Dans les même temps, la population blanche a augmenté de 21 % pour atteindre 4.882. La culture du pétun qui avait été la base de l'occupation des îles d'Amérique n'impliquait pas l'utilisation d'esclaves.
Les besoins de l'extraction et de la transformation du sucre exigeant une organisation proto-industrielle a provoqué un besoin de main-d'œuvre que l'on n'a su trouver que dans les esclaves. Comme le constate Gilberto Freyre "l'esclavage suit la sucrerie".
En revanche, on ne constate pas une importante concentration des terres entre les mains des habitants sucriers. D'ailleurs toutes les habitations sucrières ne sont pas équipées d'un moulin. Dès 1671, on constate que 118 contre 109 cultivent la canne et des vivres sans posséder un moulin et un fourneau pour faire le sucre. Elles livrent leurs cannes à un voisin équipé d'une sucrerie selon des modalités fixées par contrat. On le voit, l'usine n'innovera pas au XIXe siècle en achetant les cannes d'anciennes habitations privées de moyens techniques modernes.
A la veille de la Révolution, en 1787, on compte 324 sucreries ayant en moyenne 51 esclaves et produisant en moyenne 74.000 livres de sucre. Jamais les sucreries n'auront à la Martinique ou à la Guadeloupe des dimensions comparables à celles de Saint-Domingue. Dès 1671 on distingue deux groupes différents: les habitants sucriers et les petits habitants qui péniblement du pétun ou simplement des vivres. Les rois de France s'efforceront toujours de protéger les petits habitants et, tout en cherchant à développer la culture de la canne, d’éviter qu'elle ne devienne une monoculture. Des ordonnances prescrivent sans cesse de ne pas négliger les vivres et l'on voit, après la disparition du pétun et du gingembre, apparaître celle du cacao, du café, avec quelques périodes consacrées au coton et à l'indigo. En 1787, on compte à la Martinique 937 habitations caféières, 123 habitations cacaoyères et 260 vivrières avec un peu de casse et de coton. »
- Comment est organisée une habitation ?
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- L’habitation est-elle forcément plantée de canne-à- sucre ?
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- Au XVIIème et XVIIIème siècle le nombre d’habitations augmente-il ? Et le nombre de sucreries ? Pourquoi ?
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- Les habitations possèdent-elles toutes des esclaves ?
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Pourquoi le roi veut-il protéger les petits blancs ?
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6. Quel est le statut de l’esclave sur la plantation ?
« Déclarons les esclaves être meubles, et comme tels entrent en la communauté, n’avoir point de fuite par hypothèque (…).
Ne pourront être saisis et vendus séparément le mari et la femme et leurs enfants impubères, s’ils sont tous sous la puissance du même maître. »
Code Noir, Art 44 et 47- Janvier 1685.
Quelle information nous apprend le Code Noir sur le statut de l’esclave ?
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7. Quelles sont les peines qu’encourt l’esclave fugitif ?
« L’esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l’aura dénoncé à la justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys sur une épaule. Et s’il récidive pendant un autre mois, à compter pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé et il sera marqué d’une fleur de lys sur l’autre épaule. Et la troisième fois il sera puni de mort. »
Code Noir, article 32.
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8. L’esclavage était-il obligatoire à l’ économie sucrière ?
« Jusqu’au XVIII° siècle, dans les mentalités, sucre = plantation = esclavage nécessaire. Marcel Dorigny signale toutefois qu’il y a parfois des auto-censures sur le sujet... Ainsi, dans l’article " sucre " de L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, alors que le débat sur l’esclavage bat son plein dans ces années 1765-66, il n’est fait aucune mention du système esclavagiste, et rien n’est dit sur la façon dont travaillaient les planteurs. Naturellement, les colons de l’époque ne parlaient pas d’esclavage, mais de la "particularité de notre système "...
A la fin de l’article (long de dix-huit pages pour un format A4), toute une série d’alinéas donne une liste de plantes sucrières autres que la canne à sucre, ces plantes permettant d’obtenir du sucre sans trop de travail... On a ainsi la preuve discrète qu’il y avait un débat à l’époque : comment peut-on produire du sucre sans esclave ? C’est impossible avec la canne. Avec d’autres plantes en revanche... La plante miracle de cette fin du XVIII° siècle est l’érable ! Celui-ci pourrait être planté sous les climats froids du Canada bien sûr, mais aussi d’Europe du Nord. Tous les espoirs étaient alors sur ce produit de substitution... Mais on sait aujourd’hui que le sucre d’érable n’est resté qu’une curiosité canadienne.
L’article de L’Encyclopédie mentionne aussi la " bette-rave " (comme on écrit céleri-rave). En 1575 Olivier de Serres avait déjà remarqué sa richesse en sucre. Cette plante sucrière est adaptée au climat tempéré européen, mais la grande production est jugée impossible jusqu’à la fin du XVIII°. »
D’après l’auteur de ce document, était-il possible de faire du sucre sans esclavage ?
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